lundi 15 juin 2009

Les ailes du souvenir.

Regretter des moments inexistants, s' en vouloir de ne pas avoir pris
possession de ce que le temps nous a donné auparavant.
Un goût de tristesse sous le palais, et du sel sur le bord des lèvres.
Un oubli impossible et un mal permanent. Pour qu' il reste ici,
avec moi, je le pleure et garde ses mots en mémoire.
La vitesse des choses, les évènements qui sautent au visage et détruisent
tout sur leur passage.La pelouse se transforme en cendre, l' image en fumée.
Ca ne devait pas être si tôt; si vite. Etaler les souvenirs pour les rendre
plus longs, les embellir pour les rendre plus sûrs.
La première blessure de l' âme est toujours la plus impitoyable.

dimanche 14 juin 2009

Cher journal,J' en veux à tout le monde, je m' emmerde, je suis a cran. Vraiment, je ne sais plus où j' en suis. Je ne sais pas ce qui m' arrive parce que maintenant quand je suis devant une fille c' est comme si c' était un garçon. Je suis toute excitée. Je voudrais baiser la fille, tu sais, et puis ça me fait peur. Je me sens en pleine forme et en même temps déponnée. Je voudrais me marier, avoir des enfants, une famille, mais j' ai peur. J' aimerais mieux plaire à un gars qu' à une fille. J' aimerais mieux baiser avec un gars mais je ne peux pas. Je ne sais pas ce qui m' arrive. J' ai parfois envie qu' une fille m' embrasse, je voudrais qu' elle me caresse, qu' elle se couche et dorme sous moi, mais quand j' y pense, je me fais horreur. Je me sens coupable et ça me rend malade. Et puis je pense à ma mère. Je rêve de lui crier que je rentre à la maison et qu' elle me fasse une place à côté d' elle parce que je suis un homme. Et puis j' ai mal au coeur, et je coucherais avec n' importe qui. Je ne vais pas bien, vraiment.
[ L' HERBE BLEUE_ ]

Allô maman , bobo .


Je suis né une seringue dans le dos. Une génitrice ne pensant qu' à se faire transpercer de part et d' autre afin de jouir d' un plaisir illicite et toujours plus fort. Très jeune j' ai compris son système. Les moments déliceux en sa compagnie se comptent sur les doigts d' une main. Je les sens encore, ses mains osseuses qui tentent tant bien que mal de me soutenir près de sa poitrine.

Elle n' avait pas plus de force qu' aujourd' hui, elle est morte.

" Tu sais, c' est malheureux, à sa sortie de la maternité, elle n' a eu qu' une idée, se procurer sa substance de survie. Au moins la où elle se trouve maintenant elle est en sécurité et ne souffre plus . L' enterrement est prévu Mardi. On compte sur toi ."

L' oncle me raconte ça, sans pudeur, sans dignité, sans retenue. Au travers du téléphone je ne réalise pas que l' on parle de ma mère. Et pourtant je ne ressens qu' une amplification du dégôut que je lui voue. Je cours vider mes trippes aux toilettes. Et qu' elle reste où elle est, même le jour de sa mort, elle me fout dans une merde noire. Aujourd' hui grâce à elle, je n' ai ni emploi, ni femme, ni enfant. Très peu de famille et encore moins d' amis. Et je partirais volontiers me faire oublier de ce débris de famille qui me veulent à cette cérémonie crasseuse.

Mardi, je décide de ne pas prendre la peine d' aller à cette mise en terre inutile. Cela fait bien lontemps qu' elle s' est enterrée, seule. Le discours sera pour l' un de ses frères, l' église devrait résonner, personne n' aura de temps à perdre devant ce cerceuil à bas prix. Parce qu' elle n' aura jamais de fleur sur sa tombe, c' est à peine si elle mérite sa place au cimetière .

Demain je pars pour le sud.

Un long chemin .

Parce qu' on se lève tête d' ahurie , regard vers un plafond pas très fiable . La peur de l' infini . . . Le premier pied posé nous donne le vertige , la tête nous en tourne . Les chrétiens , " bons chrétiens " comme ils se qualifient , rentrent de la messe , nous émergeons de la nôtre . Les voisins gueulent , on rigole . Que disent-ils ? Gueulante poussée avec passion sur la femme tant aimée , et tant bourrée . Les enfants adorent cette ambiance , ils se cachent sous la table et attendent le silence ... Une bouteille vide qui tombera sur le cul , cassera une fois de plus le carrelage .
Dimanche .

Excellence de l' allure .













Séance photo , alliance de bikinis presque pas bikinis avec des perroquets et des liasses de billets en guise de podium . Petite fille est devenue grande, elle porte ses lunettes RayBan sur le bout du nez, revendique la science d' Yves Saint Laurent sur sa peau brûlée à coups d' UV . Saleté de gamine, vice et tourne vices . Elle tourne dans les clubs, se déshabille sans scrupule et sans culotte.On se sent bien dans les bras du monde .
Mondain. Mondain chien - - -

Avant la chute . La brève .


Pour un oui ou pour un non, un sourire ou les larmes. Pour un compliment ou pour une phrase mal placée tout va se jouer. Je sens bien qu' au fond elle explose. Je sens bien , peut-être même trop bien qu' elle ne pense qu' à s' enfuir. Pauvre bête, sans défense, sans passé et sans avenir. La nature humaine nous pousse au désespoir, elle fait en sorte que l' on ne puisse en vouloir qu' à soi même. Notre haine se retourne contre le peu d' humilité qui nous reste , et c' est l' humidité qui vient salir nos joues jusqu' ici épargnées ...


Rien ne la sauvera. Rien ne me sauvera. La spirale ne fait que débuter, et je ne peux qu' attendre le sort qu' elle me réserve. Une chose peut être sûre ; dès maintenant ce ne seront plus mes mains qui se tâcheront de sang mais bel et bien les siennes. Je le hais. Je le pousserai bientôt à la fin.


Sans pudeur, avec tout l' audace que je pourrais lui envoyer. La chute sera fatale .